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Secteur Vanille: Retour à la normale de la production

  • Madagascar

Après une pénurie passagère due à la baisse de la production mondiale des deux dernières années, la production malgache de 2014 revient à son niveau de 2010 où on estime entre 1.800 à 2.000 tonnes de gousses de vanille exportables de meilleure qualité (arome, taux de vanilline, longueur,…).

Pour un bref rappel de la récolte 2013, de nombreux planteurs et de préparateurs/collecteurs ont conservé leur marchandise dans des sacs sous vide en état encore très humide afin de spéculer plus tard tout en gardant le poids initial. Ce comportement a détérioré la qualité de la vanille car les gousses nécessitaient encore le séchage au soleil pour développer son arôme et son taux de vanilline  qui a été déjà altéré par la cueillette immature.

De nombreux lots de la récolte 2013 ne contiennent que de faible taux de vanilline et des lots de gousses gourmet très vulnérables à l’apparition de moisissure blanche sur la tête ou la crosse de la gousse.

On estime qu’il y a globalement 400 tonnes de report de stock issue de  la récolte 2013 qui sont non vendues entre les mains des collecteurs, exportateurs et traders.

La répartition par qualité de la récolte 2014 peut être estimée comme suit : 800 à 900T de cuts et courtes, 800 à 900T de fendue et non fendue rouge pour l’extraction (à majorité Fendue et très peu de Non Fendue) et 150 à 200T de type gourmet.

La date d’ouverture officielle de la collecte de vanille verte dans les zones littorales était le 21 juin 2014 bien que la plus part des gousses ont été arrivées à maturité un mois avant. La collecte de vanille verte dans les zones montagneuses ont commencé le 14 juillet 2014.  On a remarqué pendant cette campagne 2014/2015 le retour au séchage au soleil des gousses de vanille bien que certains préparateurs/collecteurs retiennent une partie de ses marchandises en sous vide mais en état moins humide que durant la précédente campagne. La pratique du sous vide réapparaît à cause du mauvais temps pendant la préparation.

La présence agressive des trafiquants de bois de rose sur le marché de la vanille verte et vrac ne passe pas inaperçue. Leurs achats font souvent exciter les planteurs et collecteurs car ils achètent souvent « lariga » (toute qualité confondue : longues et courtes, humide ou peu humide) dans un objectif de blanchir l’argent acquis du bois de rose.

Le prix de la vanille verte de cette campagne a varié de 10.000 MGA à 18.000 MGA, ce qui est en légère baisse par rapport au prix de l’ancienne récolte 2013. Habituellement le rendement est de 6kg verte pour 1kg de vanille préparée. Cependant, les prix de la vanille vrac dépendent surtout des enjeux sur le marché : demande massive en vue d’un approvisionnement sur deux ans ou plus, risque de faible floraison (très peu de "boutons floraux" ont été observés, fin octobre 2014 ), risques liés aux aléas climatiques (possibilité de forte sécheresse entraînant la chute des gousses bien avant sa maturité ou passage de cyclone dans les principales zones de production se situant sur le littoral et donnant sur l’Océan Indien), les industriels qui souhaitent couvrir leurs besoins en gousses avec un meilleur taux de vanilline.

Paradoxalement à cette bonne récolte de 2014, Les boutons floraux n’apparaissent pas encore en abondance sur les lianes. Il y a un retard de deux mois par rapport à l’année dernière. Sur plusieurs parcelles, situées dans diverses localités (littoralles, montagneuses,…) et plantées de vanilliers d’âge varié, faisant l’objet d’un suivi hebdomadaire, on y estime à 20% seulement de la précédente floraison. Grand nombre de planteurs n’ont même pas fécondé les fleurs car ils les estiment  trop peu pour passer leur journée dans les champs de vanilliers.  Aucune estimation n’est donc pour l’instant prévisible quant à la prochaine récolte 2015. Toutefois, les planteurs, encouragés par la hausse des prix des deux dernières années, ont étendu de nouvelles plantations et ont entretenus leurs parcelles de vanilliers. A court terme, la production à Madagascar devrait retrouver sa stabilité moyennant des prix soutenus permettant aux planteurs de subvenir à leurs besoins de base.

  • Ouganda et Tanzanie

La deuxième récolte ougandaise de juillet 2014 est estimée à 50T exportable ; à cela s’ajoute 30T de la Tanzanie ayant la même qualité et propriété organoleptique que l’origine Ougandaise. Ces productions sont en majorité de type extraction et seront prêtes à l’exportation à partir du mois de novembre 2014.

Les exportateurs ougandais s’attendent encore à des prix plus élevés qu’en 2013 à savoir 60 à 70usd le kilo.

La qualité n’a cependant pas encore atteint son niveau d’il y a cinq ans où même les loose beans pouvaient atteindre au-delà des 2% de taux de vanilline.

  • Inde

La production y reste marginale et ni la qualité ni la quantité ne suffisent même plus pour le besoin des industries locales.

On estime la production indienne à moins de 30T exportables.

Les prix actuels de la vanille n’encouragent et ne rassurent pas encore les producteurs indiens pour revenir à la culture de vanillier et la plupart des plantations ont été transformées pour d’autres cultures

  • Indonésie

Comme l’Inde, les producteurs indonésiens n’ont pas encore décidé de revenir dans la filière vanille. La production y reste marginale aux environs de 40T exportables de mauvaises qualités alors que leurs prix restent élevés. Certains exportateurs détiennent toujours des anciens stocks estimés à 100T en attente d’un prix élevé au-delà de 100Usd le kilo des types extraction.

  • Papouasie-Nouvelle-Guinée (PNG)

De profil aromatique différent que la Planifolia, la vanille produite en PNG est de la variété Tahitensis. Les gousses sont plus épaisses, plus humides et contiennent moins de vanilline que la planifolia ou les gousses de vanille Bourbon (issues de Madagascar, Réunion, Comores). Son utilisation est limitée dans l’industrie agroalimentaire.

La production pour la campagne 2014/2015 n’excèdera pas les 30T de vanille préparée.

Le tableau ci-après récapitule le total des offres au titre de la campagne 2014/2015 :

Tableau 1 : Production mondiale 

Pays producteur

Récolte  maximale 2014 (en Tonnes)

Evaluation qualitative

(from poor = 1 to excellent = 5)

Madagascar

1 800

4

Ouganda & Tanzanie

80

2

Indonésie

40

1

Inde

30

2

PNG

30

2

Comores

50

5

Autres

30

5

Production totale de 2014

2 060

 

Tableau 2: Report de stock

Pays producteur

Quantité maximale (en Tonnes)

Evaluation qualitative

(from poor = 1 to excellent = 5)

Madagascar

400

2

Ouganda & Tanzanie

-

-

Indonésie

100

1

Inde

-

-

PNG

-

-

Comores

20

4

Autres

-

5

Total des reports de stock

520

 

Suivant les données ci-dessus, en tenant compte du critère qualité/prix, la campagne 2014/2015 offrira principalement la production de Madagascar et des Comores totalisant 1.850Tonnes.

Rappelons que les reports de stock de 2013/2014 sont de qualité très moyenne.

Demande en quête de bonne qualité

La Vanille reste l’arome naturel le plus populaire au monde et son usage est très diversifié dû au retour au naturel. Cependant l’usage de la vanille naturelle progresse régulièrement de 3 à 5% par an de façon stable.

On peut estimer que globalement le niveau de la consommation en vanille naturelle atteint aujourd’hui 2.300T à 2.450T dont 1.600T à 1.700T pour les Etats-Unis, 300T à 350T pour l’Europe, 100T à 120T pour le Japon et 100T à 150T pour le reste du monde. Toutefois, ce volume peut se rétracter à raison de prix excessif ou de mauvaise qualité. Ces deux facteurs  incitent les industriels à utiliser de la vanilline dérivée des synthèses purement chimique ou issue d’un procédé biotechnologique qui n’a rien à voir avec les gousses de vanille contenant une centaine de composants aromatiques à part la vanilline avec ses vertus dans le domaine de la santé.

En Conclusion, la naissance de la demande nécessite la stabilité des prix et de la qualité.

Compte tenu des flux de production des trois dernières années où on a vu des pays producteurs qui se sont désintéressés et ont converti la culture de la vanille à d’autres cultures industrielles beaucoup plus rentables ; on peut citer l’Inde, l’Indonésie et la Papouasie-Nouvelle-Guinée ; des prix trop bas (entre 2006 et 2011)  découragent les planteurs et également les jeunes.

Il est encore imprévisible de définir aujourd’hui les prix des gousses de vanille de la récolte 2014 étant donné qu’on soit en pleine période de collecte de la vanille vrac. Toutefois, nous pensons que les prix  suivront le niveau de la campagne 2013-2014 compte tenu de :

-           l’amélioration de la qualité des gousses,

-           d’un besoin de réapprovisionnement des industriels,

-          du décalage important de la floraison

sans évoquer le risque de cyclone entre Décembre 2014 et Avril 2015. 

(Article publié le 29 octobre 2014)

 

 

 

 

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